On joue au tennis.

Jouer est bien le mot, à prendre dans l'acception "s'amuser"  car avec une adversaire de ma qualité, il y a une règle d'or : ne surtout pas prendre la partie au sérieux.

Pourtant, Celuiquej'aime, dans son infinie patience (no irony inside) et par son sens innée de la pédagogie (irony inside), tente avec énergie de me faire progresser.

Lui, son parti pris, c'est plutôt l'évaluation formative : on fait un match, il joue à 2% de ses capacités, il me met quand même la pâtée mais me félicite parce que j'ai failli marquer des points. Et même parfois parce que, sur un malentendu, j'en ai marqués.

Récemment, il s'est lancé dans la pédagogie par comparaison : pour faire comprendre à l'élève assidue mais empotée que je suis, il utilise des images, des comparaisons, voir des métaphores.

Au point qu'on a pu m'entendre récemment hausser quelque peu de ton à travers le court pour lui interdire définitivement les parallèles entre le tennis et l'équitation sous peine de se voir infliger d'interminables heures de théorie cavalière jusqu'à ce que cessent ses inepties. Parce que oui, j'avoue, entendre "A cheval, quand tu veux reculer, tu donnes des coups de talons, au tennis, c'est pareil, tu recules en te servant de tes talons !" ou "C'est comme quand tu galopes, tu mets tout ton poids sur la pointe des pieds !", ça me met hors de moi. D'autant que justement, pratiquer tous les mercredi une discipline attendant de moi que je répartisse mon poids dans un certain équilibre et jouer ponctuellement dans un autre sport où tous les mouvements relèvent d'une logique physique différente est une des difficultés de mon cerveau lent. (Je sais, elle est facile).

La dernière comparaison en date, alors que j'expliquais ma fatigue par la chaleur écrasante, a été "Nadal, lui, il joue à 2 heures de l'après-midi."

"Ah oui ? Et bien quand tu auras les fesses de Nadal, je viendrais volontiers les mater à 2 heures de l'après midi. En attendant, c'est fini pour aujourd'hui !"